Projets scientifiques

Orientation des travaux de l’équipe

Les recherches conduites par l’équipe visent globalement à caractériser les organisations scolaires ou de formation pour en élucider les déterminants et en apprécier l’efficacité, voire pour en prévoir et en mesurer les effets. L’examen des dispositifs et des comportements mis en œuvre par l’enseignant au travers des situations d’enseignement pour organiser les conditions d’étude, d’une part, et, d’autre part, les activités développées par les élèves pour réaliser le travail et les tâches assignées par l’enseignant constituent les contextes privilégiés de spécification des objets spécifiques de nos recherches. Nos travaux ont ainsi généralement une double portée : aussi bien en direction des élèves dont ils visent à améliorer les conditions d’étude et de formation qu’en direction  de la formation des enseignants dont ils visent à mieux connaître les besoins. Ces recherches sont par ailleurs conduites dans une double-optique : selon qu’il s’agit de recherches descriptives et explicatives des réalités actuelles de terrain ou selon qu’il s’agit d’étudier les possibles au travers de l’expérimentation de situations issues de la recherche.

L’équipe Gestepro est plus spécifiquement engagée dans des recherches qui visent à étudier le rôle des instruments sémiotiques ou matériels (intermédiaires graphiques, artefacts) qui instrumentent l’activité des enseignants et des apprenants du point de vue des processus d’enseignement-apprentissage à l’œuvre. Ces études sont conduites aussi bien aux différents niveaux de scolarité de l’enseignement général (école primaire, collège, lycée) qu’au niveau de l’enseignement supérieur ou dans le cadre de l’enseignement professionnel. Ces travaux concernent aussi plusieurs domaines d’enseignement scientifique (sciences physiques, sciences de la vie et de la terre), ou technologique  (technologie au collège, sciences de l’ingénieur technologies de l’information et de la communication au lycée) et plusieurs spécialités de formation professionnelle universitaire (par exemple, formations de licence et master professionnels en génie électrique ou formation des architectes et/ou des designers). La plupart de ces recherches font par ailleurs l’objet de coopérations scientifiques en s’intégrant à des projets de recherche régionaux, nationaux et/ou internationaux.

Les phénomènes d’enseignement-apprentissage sont regardés au travers de la mise en scène et de l’élaboration des objets de savoir, plus précisément dans la construction et la manipulation des artefacts. La mise en tension qui relève de l’articulation entre les objets manipulés et la construction de significations sur ces objets permet d’éclairer les stratégies développées par l’enseignant lorsqu’il organise ses enseignements et celles développées par les élèves pour organiser leur activité dans le cadre des dispositifs qui lui sont proposés et dans lesquels les langages symboliques spécialisés jouent un rôle souvent décisif et prépondérant. Dans cette perspective, les conditions d’organisation des situations didactiques, particulièrement dès lors qu’elles réclament des mises en scène de matériels, de machines, de dispositifs, peuvent avoir une incidence directe sur l’efficacité de ces processus d’enseignement-apprentissage.

L’analyse des conditions de l’étude, notamment les facteurs influant sur les processus d’appropriation de savoirs (structuration des contenus, niveau d’élaboration des consignes, complexité des tâches, formulation des énoncés, lisibilité des dispositifs, congruence des documents, etc.), est une entrée privilégiée pour les travaux conduits dans l’équipe. Le pendant à l’interrogation des processus d’appropriation est celui de l’interrogation des processus de transmission et donc du rôle de l’enseignant. Cette entrée se décline soit sous l’angle de l’étude des gestes professionnels de l’enseignant, soit sous l’angle de l’étude des interactions qui se nouent dans la classe entre le professeur, l’élève et le savoir, conférant à l’enseignant le rôle d’un chef d’orchestre chargé de mettre en musique une partition écrite par d’autres. Le troisième type d’études  dépasse la posture descriptive et explicative pour adopter une posture prédictive et proposer des travaux qui relèvent d’une forme d’ingénierie didactique. Il s’agit d’étudier une organisation de transmission – appropriation d’un savoir spécifique et de regarder l’incidence qu’a la modification d’un des facteurs actifs de cette organisation sur cette organisation elle-même et sur l’économie générale du système. C’est dans cette catégorie que l’on peut classer les élaborations de dispositifs d’enseignement qui mettent à l’épreuve de nouvelles modalités  ou des aménagements différents de ces organisations (enseignement à distance, utilisation de ressources distantes, de maquettes, de logiciels de simulation…).

Ces études donnent lieu à des expérimentations empiriques dont les résultats sont traités quantitativement et qualitativement. Pour cela, nous privilégions l’articulation tâche activité comme analyseur des situations didactiques :

  • une tâche, celle que l’élève doit réaliser ou celle qui est confiée à l’enseignant (les deux catégories étant forcément différentes et distinctes), est significative du processus de transposition didactique par l’organisation spécifique des savoirs qu’elle exhibe (expression de la logique de la discipline), de leur organisation et de leur transcription à des fins d’enseignement (expression de la logique de l’enseignant) et de la perception par l’institution d’enseignement des modes d’acquisition de ces savoirs (expression de la logique d’apprentissage). Au lieu de se conforter mutuellement, ou d’être congruentes, ces trois logiques sont souvent concurrentes. Les tâches proposées aux élèves sont souvent ainsi porteuses  de contradictions ou de conflits entre ce que l’institution préconise, ce que l’enseignant réalise pour se conformer aux prescriptions et ce que les élèves comprennent de ce que l’institution et l’enseignant attendent d’eux.  C’est en ce sens que le détour par l’analyse des tâches à l’œuvre à ces différents niveaux et des activités réelles qui en découlent présente l’intérêt de signifier cette concurrence en s’intéressant d’une autre manière à l’organisation scolaire ;
  • l’activité, relève effectivement et quant à elle de l’étude de la mise en œuvre d’une tâche par le sujet. L’analyse de l’activité rend compte ainsi de la distance entre la tâche prescrite et la tâche effectivement réalisée. En ce sens, elle permet d’interroger l’efficacité des organisations proposées en distinguant ce qui relève des effets immédiats (qui n’ont pas spécifiquement de caractère permanent) et des effets à moyen et plus long terme (évolution durable d’une représentation, franchissement d’obstacle, rétention des connaissances, effets de transfert, etc.).

Cette ébauche permet de caractériser les discontinuités, les incohérences, les malentendus, les ruptures et les obstacles ; ainsi, il existe différentes tâches qui peuvent prendre des formes voisines bien que radicalement différentes : la tâche prescrite par l’enseignant est, par exemple, forcément différente de la tâche perçue par l’élève et finalement de la tâche réelle qu’il va s’auto-assigner. De la même manière, l’activité du sujet n’est pas nécessairement déployée pour réaliser la tâche mais elle s’inscrit dans le jeu des acteurs et dans l’environnement social de la situation didactique. De fait, il s’agit bien de définir un cadre d’analyse qui permet de regarder le fonctionnement de ce type de situation.

Le croisement des deux niveaux d’analyse, tâche et activité, permet de caractériser les interactions qui existent entre trois logiques concourantes mais qui peuvent également se révéler concurrentes ou discordantes : la logique de la discipline, la logique de l’enseignant et la logique de l’élève. De fait, nous ne nous intéressons réellement qu’à la mise en tension de ces trois logiques dans une classe et nous essayons de regarder et d’analyser les effets produits par cette mise en tension. La tâche apparaît comme l’expression concentrée de tout un ensemble de valeurs, de modèles, d’éléments de théories, de savoirs qui fondent le corpus de savoirs en référence et qui identifient l’enseignant dans une population enseignante. L’analyse de la tâche est donc significative de la mise en œuvre d’un programme d’enseignement dans l’intimité particulière d’une classe spécifique. Elle est également significative des activités qu’elle induit chez les élèves. Le passage au réel suppose de mettre en œuvre une analyse de l’activité de l’élève. Sa lecture de la tâche, sa façon d’organiser son activité et d’orienter ses actions, ce qu’il prend en considération et ce qu’il ne voit même pas, permettent souvent de mieux comprendre pourquoi et en quoi les processus d’apprentissage qui ont été mobilisés ne produisent pas les effets escomptés. Dans cette perspective, on peut repérer les difficultés intrinsèques (au savoir) et extrinsèques (liés aux dispositifs) rencontrés par les élèves, la manière dont elles ont été traitées, les stratégies adoptées et la planification des différentes actions. Le croisement tâche-activité permet ainsi d’instancier les activités de l’élève aux éléments caractéristiques des tâches. On peut de la sorte valoriser les difficultés rencontrées par l’élève et identifier ce qui relève de difficultés inhérentes au contexte (la formulation de la tâche et ses conditions de réalisation, l’organisation des conditions de l’étude, etc.) et ce qui relève d’obstacles inhérents au contenu lui-même de l’apprentissage concerné.

Contribution de l’équipe au développement des thématiques de l’équipe d’accueil

Processus de transmission-appropriation de connaissances

L’étude des processus de transmission-appropriation de connaissances, compétences ou d'habiletés, est centrale dans les travaux conduits par l’équipe Gestepro qui centre cette étude sur les connaissances scientifiques, technologiques et professionnelles dans le champ scolaire notamment et ceci au travers de l’analyse de l’activité de l’enseignant et des élèves et des interactions qu’elles génèrent.

Cette orientation suppose notamment de renforcer nos connaissances des processus de transmission et d’acquisition de savoirs scientifiques, technologiques ou professionnels, d’une part, au travers de l’analyse des tâches et de leur statut (prescrites, perçues, réelles, effectives…) et, d’autre part, de l’activité que ces tâches génèrent chez les sujets concernés. Il s’agit notamment d’examiner ces articulations et les dynamiques induites à la lumière de l’efficacité des processus engagés : efficacité d’un dispositif en matière d’apprentissage ou de l’incidence des situations sur l’organisation des enseignements.

Il s’agit par ailleurs de voir dans quelle mesure l’instrumentation de l’activité dans ces enseignements génère une spécificité des processus d’enseignement-apprentissage dans ces champs disciplinaires.

Professionnalité et professionnalisation des métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation

Les analyses croisées de l’activité (de l’élève et de l’enseignant) et des tâches (pour l’enseignant ou produites par lui, pour l’élève ou celles qu’il s’auto-assigne…) permet de caractériser le travail de l’enseignant au travers de ses stratégies, des organisations qu’il conçoit, qu’il élabore et qu’il met en œuvre et de leur efficacité, qu’il s’agisse de la mesurer au travers de l’engagement des élèves, de la réalisation des tâches proposées ou encore des apprentissages réalisés par les élèves. Les résultats de ces analyses ont des implications directes sur la caractérisation de la professionnalité enseignante et des répercussions sur les organisations de formation professionnelle de ces enseignants.

L’articulation entre les avancées des travaux de recherche conduits par l’équipe et l’organisation des formations professionnelles initiales et continues des enseignants dans les domaines disciplinaires concernés résulte d’un construit exprimé dans les maquettes des masters concernés.

Institutions scolaires et/ou de formation

L’analyse de l’articulation tâche-activité dans le cadre des enseignements scientifiques, technologiques et professionnels permet d’interroger les découpages disciplinaires scolaires, leurs interdépendances mais aussi leurs degrés d’indépendance. Les distinctions souvent idéologiques entre les disciplines scolaires telles qu’elles se sont organisées – par exemple, la distinction sciences physiques et chimie, sciences de la vie et de la terre, technologie(s) ou encore le rôle de l’orientation scolaire à partir des performances des élèves dans les disciplines scolaires générales qui déterminent fortement le choix des voies professionnelles offertes aux enfants – sont de plus en plus interrogées dans le cadre des politiques éducatives.

Ces enseignements sont mal adaptés aux contextes actuels ainsi qu’en témoigne la prédominance des grands débats de société autour de questions liées au développement des sciences et des technologies, la désaffection des études scientifiques, technologiques ou professionnelles, les décalages permanents dans les relations diplôme, qualification et emploi, etc.. Ces enseignements sont par ailleurs soumis à des évolutions plus ou moins chaotiques qui témoignent d’une crise sans précédent qui se manifeste par des effectifs de candidats très faibles, des hésitations curriculaires qui oscillent entre des références à des savoirs académiques « durs » mais réputés inaccessibles ou à des éducations qui visent plus la compréhension des enjeux sociétaux portés par le développement des sciences et des technologies. Au travers, par exemple, de l’analyse d’évolutions de ces enseignements comme l’opération « main à la pâte », l’enseignement intégré de sciences et technologie, la démarche d’investigation, la démarche de projet ou l’approche par compétences…, c’est toute l’institution scolaire qui est interrogée, qu’il s’agisse des institutions disciplinaires scolaires ou des organisations curriculaires.

Les travaux de l’équipe contribuent à analyser l’évolution des institutions scolaires, notamment dans les continuités et les ruptures qui caractérisent les parcours scolaires des élèves. Par exemple, nos contributions à l’étude de l’impact du genre dans l’analyse des situations didactiques apportent un éclairage particulier sur la manière dont l’école, étudiée au travers des interactions enseignant, élève, savoir, construit la différenciation sociale, genrée, culturelle… Ce regard permet d’éclairer les choix d’orientation et d’organisation des institutions de formation des enseignants.

Objectifs de l’équipe

Trois programmes de recherche en cours de réalisation orientent les recherches des membres de l’équipe. La majeure partie de ces travaux est réalisée en relation avec des équipes extérieures à l’équipe d’accueil ADEF, dans le cadre de projets de coopérations nationales ou internationales.

  • Rôle des intermédiaires graphiques dans la structuration de la pensée scientifique et technologique au travers des activités scolaires : la construction de significations sur des tâches scolaires dépasse nécessairement la mise en œuvre de techniques (scolaires) de réalisation de la tâche. L’utilisation de langages symboliques structurés (schémas, dessins techniques, plans, organigrammes, logigrammes, etc.) constitue des aides à la structuration de l’activité mais leur utilisation dans le cadre de l’enseignement peut se révéler, dans certaines conditions, comme un obstacle à l’apprentissage. L’approche par les artefacts et les problématiques de l’instrument (avec ses corollaires d’instrumentation et d’instrumentalisation) fournit les éléments d’un cadre théorique en construction pour ces situations particulières.
  • Rôle des dispositifs didactiques (matériels pédagogiques, manuels scolaires, maquettes, modèles réduits, simulations informatiques, etc.) sur le processus d’enseignement apprentissage dans les enseignements scientifiques et technologiques : les enseignements scientifiques, technologiques et professionnels ont largement recours à des dispositifs didactiques censés représenter une réalité extérieure dans la salle de classe. L’élaboration de ces dispositifs repose sur des choix, plus ou moins explicites quant aux références utilisées, aux contraintes retenues, aux connaissances mises en scène. L’analyse de ces choix fournit des grilles d’observation des situations qui découlent de l’utilisation de ces dispositifs dans une classe et permet d’en approcher le rendement soit dans une perspective descriptive et explicative, soit dans une perspective prédictive et remédiatrice. En ce sens, il s’agit soit d’analyser l’impact de dispositifs existants soit de concevoir, dans une forme d’ingénierie didactique, des dispositifs nouveaux.
  • Élaboration de savoirs pour l’enseignement à partir de pratiques sociales : la référence constante à des pratiques dans les enseignements professionnels, dans certaines dimensions de l’éducation technologique et scientifique est examinée à partir de la description de ces pratiques. Les choix opérés au niveau de la méthodologie de description, des organisations privilégiées et des descripteurs utilisés ont une incidence directe sur la mise en texte de ces pratiques telle qu’elle va prendre forme dans les référentiels pour l’enseignement et par la suite, dans les processus d’élaboration des tâches proposées aux élèves. Les chercheurs engagés dans ce programme se proposent d’analyser le processus de transposition didactique à l’œuvre, notamment au travers des délimitations épistémologiques et des organisations didactiques mises en place dans les processus de transmission appropriation de savoirs.

Activités scientifiques

Politique de publication

Publications scientifiques

L’équipe Gestepro a une activité de publication qui s’est beaucoup développée au cours de ce contrat, notamment les publications dans des revues internationales et en particulier anglo-saxonnes ou dans des ouvrages édités par des grandes maisons d’édition scientifique anglo-saxonnes. Ce résultat est lié, d’une part, à l’originalité de l’approche développée en matière de recherches en éducation scientifique, technologique ou professionnelle et, d’autre part, à l’amélioration des compétences de l’équipe en matière de rédaction d’articles pour ce genre de publications ; le travail avec un traducteur stable a largement contribué à l’amélioration qualitative et quantitative des publications. Pour autant, les publications en langue française ne sont pas oubliées et les membres de l’équipe continue à publier des articles dans les principales revues scientifiques francophones représentatives dans le champ.

Cet effort doit être poursuivi de manière significative pour améliorer la notoriété internationale de l’équipe et développer la diffusion de ses travaux dans la communauté internationale des recherches en éducation scientifique, technologique et professionnelle. Il y a un réel enjeu à poursuivre le travail de diffusion des travaux fondés sur l’approche originale développée par l’équipe.

Politique de valorisation et de diffusion des résultats de la recherche

L’équipe est engagée dans plusieurs actions de valorisation et de diffusion des résultats de la recherche : (i) l’espace culturel de l’université de Provence (ESCUP) organise des sessions d’animations scientifiques à destination des élèves des collèges et des lycées et plusieurs membres de l’équipe participent à la conception, la mise en œuvre et la réalisation de ces animations ; (ii) participation aux opérations « main à la pâte » et « enseignement intégré de sciences et technologie » en collaboration avec l’académie des sciences (l’équipe fait partie d’un projet de constitution d’un centre de ressource régional à l’initiative de l’académie des sciences dans le cadre du grand emprunt) ; (iii) participation à des collections d’ouvrages pédagogiques, de manuels scolaires, de ressources pour l’enseignement et la formation ou d’ouvrages de vulgarisation à destination des enfants des écoles et des collèges en collaboration avec des éditeurs (Scéren, Delagrave, Nathan, Hachette…) ou des producteurs (Jeulin, Technologie Service…) ; (iv) participation à des réseaux et des associations professionnels d’enseignants dans les disciplines concernées (Pagestec, union des physiciens, association européenne d’éducation technologique…) qui se traduit par la participation à l’organisation de manifestations telles que des universités d’été, des séminaires ou des conférences ouvertes à un large public d’enseignants.

Politique de développement de projets, conventions, relations nationales et internationales

Participation à la structure fédérative de recherche SFERE Provence

L’engagement de l’équipe dans le projet de structure fédérative de recherche en éducation qui s’organise au niveau régional concerne un premier niveau de collaboration avec des équipes de recherche ayant des thématiques proches. Cela concerne notamment les questions de diffusion des connaissances scientifiques  ou celles liées au rôle des artefacts dans les processus de transmission acquisition des connaissances ; cela concerne également les questions liées au rôle des normes, des symboles et des procédures langagières engagées dans ces processus ; cela concerne enfin les dimensions sociales liées à la forte ou faible valorisation des connaissances scolaires organisées dans les enseignements scientifiques, technologiques ou professionnels.

Participation à des réseaux

L’équipe souhaite prolonger et renforcer ses collaborations scientifiques dans le cadre de réseaux nationaux (ARDIST, Visa, Journées Internationales pour la Culture Scientifique et Technique), européens et internationaux (World Council Associations for Technology Éducation, Pupils Attitude Towards Technology, International Design And Technology Association, Primary Technology Éducation, International Organisation for Science and Technology Éducation, Réseau Francophone de Robotique Pédagogique, Réseau Méditerranéen d’Éducation Scientifique et Technologique…).

Ces participations à de nombreux réseaux dynamisent des collaborations d’établissement à établissement dans le cadre de conventions ou de protocoles de recherche incluant la mobilité de chercheurs ou d’étudiants. Cette dernière reste relativement modeste car la majorité de ces derniers exercent une profession et ne peuvent pas facilement se libérer de leurs obligations professionnelles.

L’équipe est également très engagée dans des réseaux d’aide au développement des enseignements scientifiques, technologiques et professionnels dans les pays du sud, notamment en Amérique latine,  en Afrique et en Asie. Cette aide repose sur l’accompagnement dans la mise en place de laboratoires de recherche et dans la structuration de parcours aux niveaux master-doctorat (notamment par le biais de cotutelles). L’objectif de l’équipe est de renforcer cette aide en la structurant et en l’appuyant de manière de plus en plus fiable sur les grands projets internationaux (UNESCO, Banque mondiale, AUF…). Dans cette perspective, nous envisageons la création d’une chaire UNESCO.

Engagement dans des projets

La conduite de recherches dans les domaines de l’éducation scientifique, technologique et professionnelle selon ces approches spécifiques (notamment la compréhension des processus d’enseignement-apprentissage dans ces domaines au travers de l’analyse des activités de l’enseignant, des élèves et de leurs interactions) se traduit par notre fort engagement dans plusieurs projets internationaux tels que les programmes européens (PCRDT, par exemple). Deux projets sont actuellement déposés auprès de l’Union Européenne :

  • Projet DPCoP (Réseau Universitaire de Formation comme instrument de Développement de Pratiques Communes de formation des enseignants du secteur Professionnel) : l’enjeu est de  créer un espace commun d’enseignement supérieur dans la région pour favoriser les pays moins valorisés et plus vulnérables quant à organiser la formation des enseignants des secteurs technologiques et professionnels. Le but est de relever à moyen et long terme le niveau culturel et de qualification de la population active et de réduire les inégalités sociales en dynamisant la qualité des formations dans la région  et en rompant avec l’isolement des groupes grâce à la mise en réseau des différentes institutions qui œuvrent au développement des formations professionnelles.

Projet proposé dans le cadre des programmes Alfa. Budget demandé : 985 000 €. Porteur du projet Université de Provence (IUFM et UMR ADEF). Partenaires : Institut Polytechnique - École Supérieure d'Éducation, Porto (Portugal) ; Universidad Peruana Cayetano Heredia, Av. Honorio Delgado 430, Urb. Ingeniería, S.M.P. Lima – Perú ; Universidad Pedagógica de El Salvador,  Diagonal Dr. Arturo Romero y 25 Avenida Norte. San Salvador. El Salvador; Universidad de Concepción, Concepción, Chili ; Universidad Nacional de rio Negro, Belgrano 526 Viedma Río Negro 8500,  Argentina

  • Projet PISTE (Providing Innovations in Science and Technology Education): The aim of this project is to promote, increase and strengthen science and technology teaching in Europe, using research conducted by different partners. This enhanced through innovation in terms of teaching methods and teacher training to implement these methods. According with the Rocard’s report (2007), it is clear that developing science and technology education (STE) for all is a real challenge for European Union if we consider the global aims of competitiveness, scientific renewal, equal access and democratisation of studies’ access. Reinforcing innovation, scientific research and development potential suppose a massive generalisation of science and technology education. Indeed, these both educations must be considered as complementary through the specific studied objects, the diversity of methods and approaches, and the different offered ways to understand our relations with our contemporary world. In this project, we examine this question of relationships between science and technology education and the possible complementarities as implemented at school, for the general education levels.

Projet déposé dans le cadre du 7e PCRDT européen. Budget demandé : 2 150 000 €. Porteur du projet Université de Provence (IUFM et équipe d’accueil ADEF). Partenaires : Institut National de Recherche Pédagogique (France), KaHo Sint-Lieven (Belgique), Arteveldehogeschool Ghent University College (Belgique), Université du Maine (France), Technische Universität Braunschweig (Allemagne), University of Koblenz-Landau (Allemagne), University of Patras (Grèce), Università Statale di Milano-Bicocca (Itazlie), Linköpings Universitet CETIS (Suède), Tel-Aviv University (Israël), Birmingham City University (Angleterre), Universitad de Barcelona (Espagne), University of Jyvaskyla (Finlande), University of Glasgow (Écosse).

Encadrement de recherches

L’encadrement des étudiants est actuellement un point faible de l’équipe, en raison des départs de deux des trois professeurs de l’équipe. Nous devons recruter dans les meilleurs délais deux professeurs (un en didactique professionnelle, l’autre en didactique des sciences de la matière). À terme le recrutement d’un professeur en didactique des sciences de la vie et de la terre et un en didactique des technologies de l’information et de la communication sont nécessaires.

Le développement de nos capacités d’encadrement suppose aussi que les maitres de conférences engagés actuellement soutiennent dans les meilleurs délais des habilitations à diriger des recherches. Quatre d’entre eux sont susceptibles de le faire dans un délai raisonnable ; les quatre autres peuvent envisager une telle perspective vers la fin de ce prochain quadriennal. Pour pallier le déficit d’encadrement de l’équipe, un système de codirection a été mis en place afin d’associer les quatre maitres de conférences proches de la soutenance de leur habilitation à diriger des recherches ; ce processus de codirection n’a pas pour seule vertu une approche quantitative de l’encadrement mais vise également le développement et le renforcement de la collégialité de l’encadrement des travaux de recherche afin d’articuler suivi très individualisé et orientation contrôlée des travaux.

Accueil des doctorants

Les quatorze thèses en cours devraient trouver leur aboutissement d’ici le début du prochain contrat (2012-2015). L’équipe est très sollicitée pour développer les cotutelles de thèse avec des universités étrangères ; pour l’instant, il s’agit d’une position de prudence mais il serait largement souhaitable de renforcer cette dimension dans la perspective de conforter les partenariats.

Accueil des étudiants en master recherche

Un meilleur suivi des étudiants dans leur cursus (master 1 et master 2), notamment avec un encadrement plus étroit du choix des sujets de recherche, est une condition d’amélioration de la qualité des projets de recherche. Le développement de parcours de masters dans le cadre de la mention Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation de manière complémentaire et mutualisée avec les masters portés par le département de sciences de l’éducation doit permettre d’améliorer la qualité et la spécification des orientations des projets de recherche des étudiants, qu’il s’agisse de leur ancrage dans les travaux de l’équipe, ceux de l’équipe d’accueil ou, plus généralement, ceux développés dans le cadre de la didactique des enseignements scientifiques, technologiques et professionnels.